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Nous avons l’obligation d’être heureux.

Hector est un psychiatre à la recherche du bonheur. « Qu’est-ce qui rend les gens heureux ? », « Les gens sont-ils plus heureux ailleurs ? » Comment poursuivre cette quête ?… C’est au détour d’un voyage qui l’emmènera de la Chine aux Etat-Unis en passant par l’Afrique qu’il trouvera la réponse à ses questions.

Pas encore sorti en France, j’ose prédire à Hector et la recherche du bonheur un succès immense et un accueil à la hauteur de la générosité et du déluge d’émotions qu’il procure.

Pourquoi ne sommes-nous pas heureux ? Comme l’indique très justement l’un des personnages du film, nous avons tous en mémoire cet instant précis de parfaite harmonie remontant à notre enfance. Tout à l’intérieur comme à l’extérieur n’est que joie et plaisir. Il n’y a alors aucun problème, aucune inquiétude, juste une contemplation d’un état de grâce. Puis avec l’âge s’en va l’innocence. Les tracas du quotidien prennent le dessus, le superflu devient essentiel et la peur nous paralyse. « Je ne peux pas parce que », « je n’oserai jamais ». Allier déterminisme et fatalisme, le tout au service de l’intime conviction que nous ne sommes pas aux commandes de nos vies, que nous n’avons pas le contrôle et que d’autres l’ont. Que nous avons à un moment décidé de confier notre libre arbitre à une tierce personne, derrière laquelle nous nous cachons pour justifier tout ce que nous n’osons ou n’avons pas osé accomplir.

« Avoir peur de la mort c’est avoir peur de la vie. »

Le vrai bonheur vient-il de la poursuite du bonheur ou du bonheur de la poursuite ? Le bonheur semble parois apparaître comme un « effet secondaire » : il vient lorsqu’on ne l’attend pas. Il ne se présente pas sur commande, il n’existe pas de recette secrète. Parfois même, la peur de son caractère éphémère l’emporte. On se retrouve incapable de savourer pleinement le présent, trop occupés à jouer aux apprentis devins, prédisant un avenir qui ne pourrait qu’offrir de sombres nuages.

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On cherche à l’enfermer dans une boîte, à le réduire à quelques notions, comme une liste de courses qu’il faudrait soigneusement cocher. Qu’est-ce que le bonheur ? Est-ce le fait d’être à l’abri du besoin ? Que sa famille le soit ? Est-ce la présence même de cette famille qui nous procure de la joie ou le projet d’en construire une ? Pour certains le bonheur se mesure au degré d’exploration de la Terre. Aux régions parcourues, aux paysages admirés, aux prises de risques qui forgent les souvenirs, éventuellement. Aux photos dans un album, à l’anecdote d’un lointain voyage ou au récit d’un récent séjour. Pour d’autres le bonheur découle de la satisfaction d’une armoire bien remplie ou d’un placard à provisions bien rempli. Ou encore : le bonheur c’est la santé, même s’il serait bien ignorant de pourvoir la maladie d’un tel pouvoir sur la vie.

Ecouter c’est aimer.

Peut-être que le bonheur vient du désintérêt. De la gratuité du geste. Ecouter quelqu’un sans le juger, pour apprendre à le connaître, donner un coup de main sans rien attendre en retour, ne pas tenir de comptes et remercier certains chemins de se rejoindre pour un temps, avant d’à nouveau se séparer. « No expectations* ».

Pour moi, le vrai bonheur réside dans le lâcher prise. Accepter que je ne contrôle rien et surtout que je ne sais rien. Que demain est une nouvelle journée merveilleuse lors de laquelle quelque chose d’extra ordinaire va m’arriver… Donnant un coup de pouce au destin en le verbalisant sous ma douche le matin. Le bonheur c’est des rencontres. Chaque jour, tout le temps. Découvrir les vies uniques de celles et ceux qui m’entourent. Les accepter dans leurs joies comme dans leurs épreuves. Me souvenir des personnes qui ne sont plus là, me dire qu’un jour nous avons été heureux ensemble. Espérer que la vie ne soit qu’un éternel recommencement et qu’elles aient la chance de refaire un tour de manège et de profiter encore un peu du spectacle.

Hector et la recherche du bonheur est un film merveilleux et une formidable ode à la vie.
Ne perdons pas de temps.

* « Ne pas avoir d’attentes »

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