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Currency of Man

Melody Gardot revient aujourd’hui avec son nouvel album : Currency of Man. Pour ne prendre aucun détour qu’importe le cliché, il s’agit définitivement de l’album de la maturité.

« La musique est la hache pour l’océan gelé à l’intérieur de nous ». Dans le documentaire « A look inside The Studio with Melody Gardot disponible à la fin de son album, le réalisateur Larry Klein cite Kafka pour mieux mettre une image sur Currency of Man. Passée par la bossa et le tour du monde des sonorités avec The Absence, par les mélodies langoureuses à la Diana Krall de Worrisome Heart et les élans joyeux sur My one and only Thrill (dont le très discutable « Les Etoiles »), Currency of a Man ouvre un nouveau chapitre dans la carrière la diva.

Melody Gardot y explore cette fois des thèmes sociaux, de la pauvreté à l’exclusion en passant par le deuil et le mouvement des droits civiques Américains. Elle s’intéresse à la valeur de l’Homme, comme le titre de son album l’annonce. Pour la premiere fois encore, elle est accompagnée d’une section de cuivres (rythmant à la perfection le premier extrait « Same to you ») mais surtout de cordes, n’hésitant pas non plus à proposer des morceaux uniquement musicaux (After The Rain, mélodie tapotée au piano). Culotté.

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La première écoute coule, la seconde aussi. On se retrouve emporté au son des violons, aux notes délicates des touches de piano. La respiration de Melody rythme toujours subtilement l’ensemble, et elle nous tient à bout de souffle au travers d’un voyage à la limite de l’impressionnisme. On est dans un tableau, à bord d’un train, et on se contente de regarder le paysage laissant nos émotions prendre le contrôle de tout.

« Burying my Troubles » achève les errances du spectateur d’une note sombre et soucieuse, introspective, à laquelle nous a longtemps habituée la chanteuse. Un hymne aux reflexions nocturnes dans la continuité de My one and only thrill et Love me like river does, la maturité en plus.

La voix n’est pas au centre de Currency of Man, c’est l’Homme qui l’est. Ou plutôt celui qui sommeille « sous le lac gelé » comme l’avait si bien chanté Benjamin Biolay. La trentaine à peine entamée (née le 2 février 1985), Melody Gardot se renouvelle, propose encore un nouveau son, et redonne une fois de plus ses lettres de noblesse au mot diva.

Melody Gardot en concert à l’Olympia du 26 au 28 juin 2015

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