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Annick

« Je suis Bretonne, je suis une paysanne ».  Nous sommes place de la Nation, jeudi. Autour de nous des paysans en colère, des agriculteurs venus de la France entière. Les régions sont montées à Paris en tracteur, à l’assaut de la capitale pour défendre leur droit de survivre. Au milieu de la foule se tient une femme aux cheveux blancs, entre deux drapeaux Bretons, tenus par des jeunes filles. La jeunesse part, ne reste qu’Annick. « J’ai gardé mes vaches jusqu’à 18 ans, avant, il n’y avait pas de tracteur ». Annick est une romantique. Elle n’est pas ici par hasard, elle avait prévu de venir les soutenir. « Les paysans ce sont ceux qui nourrissent les autres ». Elle déplore qu’à notre époque, on considère les paysans comme « rien du tout ». Les enceintes derrière nous crachent les revendication des différents mouvements dont les représentants se succèdent sur scène. Un homme scande à la foule, entre colère lassitude et désespoir : « nous ne sommes ni inférieurs ni supérieurs aux autres. Nous sommes juste des acteurs du territoire, qui veulent être entendus ». Annick …

On fait le Tour ensemble – à Tarascon

Après Pau, et Mauléon Licharre, direction la frontière espagnole, tout près d’Andorre à Tarascon sur Ariège ! Mauléon Licharre – Tarascon sur Ariège : 277 km Nous arrivons à Garanou dans un petit village de bord de départementale. Nous avons rendez-vous à l’hôtel de la Pierre Blanche, qui se trouve juste en dessous d’une grande usine dont je ne penserai jamais à demander la spécialité. Matie nous accueille Quentin et moi, mon fidèle cadreur avec qui je partage la route depuis le 17 juillet. Matie n’est pas commode, et un tour d’horizon plante le décor d’un délicieux routier familial, où les clients appèlent le tenancier par son prénom, entre photos de famille, découpes d’articles locaux et décoration bien sentie. Nous profiterons de la nuit tombée pour exploiter au mieux la déco de l’étage et remplir mon compte Instagram de quelques clichés. Garanou – Tarascon sur Ariège : 18 km Le Tour passe à l’extérieur de la ville, au dernier rond point. Le thème du jour sera le camping-car. Ils bordent les routes du Tour, d’étape en …

On fait le tour ensemble : à Loudéac !

Commence ici un long périple de près de 800km ponctué de galettes (de la mère Poulard) et de galette (à la saucisse). Dieppe – Deauville 132 km Direction la prochaine étape du tour qui passera par Loudéac, ville de 12.000 habitants située en côte d’armor. Puisque le temps est clément pour ne pas dire caniculaire, nous décidons de faire une halte par Deauville afin de fouler le sable et de se rafraîchir le temps d’une pause déjeuner les pieds dans l’eau. Autre ville, autre ambiance. Nous qui étions presque devenus familiers de Dieppe et de sa plage de galets, nous voici désormais sur des étendues de sable chaud, brûlant, slalomant entre les bouées pour atteindre une mer fort clémente. Je flâne le long des cabines et de leurs noms d’acteurs, danse au milieu des parasols. Nous déjeunons dans l’herbe avant de reprendre la route. Deauville – Mont St Michel 184 km Cette photo m’aura quasiment valu un accrochage pas drôle du tout. Voulant simplement dans ma démesure de réseau socialisme prendre un cliché au volant …

On fait le Tour ensemble : A Dieppe !

Après un tour par Valenciennes puis Montrécourt : direction Dieppe pour la prochaine étape du Tour de France.  Montrécourt – Dieppe 229km JOUR 1 Nous arrivons de nuit et décidons d’aller dîner sur le port. L’endroit est charmant, plutôt désert. C’est le soir des résultats du Bac, nous croisons de nouveaux bacheliers (qui embrassent ce diplôme et toutes les promesses d’avenir qui viennent avec d’un oeil yeux rougit par l’alcool) qui nous indiquent un restaurant quai Henri IV où nous restaurer. La brasserie n’est pas fameuse, peut être était-ce lié à la déception de ne pas voir ouverte la pleine-de-promesses Moule qui chante. Nous avons perdu au moins 15 degrés par rapport à Paris. La canicule n’est plus qu’un lointain souvenir, et nous lui faisons la nique face à la Manche et son soleil de minuit. Le lendemain est une journée dite « off ». Ni tournage ni impératif professionnel, les repérages allant bon train et le temps de mal en pis nous décidons à défaut de trainer notre peine dans les rues de Dieppe de partir pour les falaises …

On fait le Tour à Montrécourt !

Cet été je sillonne les routes de France pour aller à la rencontre des français qui viennent sur les bords de route supporter le Tour de France. Voici le premier jour d’un journal de bord de ce périple extraordinaire. Paris – Valenciennes 211km Valenciennes – Montrécourt 18km J’ai un rapport très affectueux au Tour. Depuis ma plus tendre enfance je revois mon grand-père s’installer une fois le déjeuner terminé à l’étage, tirer une chaise à l’assise rebondissante, et s’installer pour le reste de la journée devant France 2 et ses coureurs. De vues d’hélicoptères en gros plans de pelotons, les caméras sillonnaient la France chaque fin d’après-midi, devant ma perplexité et son regard attentif. Chaque journée était ponctuée d’embrassades, de franchissement ému de ligne peinte au sol, les bras en croix. Ainsi lorsqu’on me proposait de partir sur les routes du Tour de France pour en couvrir différentes étapes, j’acceptais immédiatement pour l’expérience, la madeleine de ces étés caniculaires, et pour y être vraiment. Dans sa télé. Pour le rendre fier lui. Ma première étape à Montrécourt …

Sergio, Michael et la pêche.

Je marche l’air triste et grave lorsque je croise leur canne à pêche. Je les évite depuis bien trop longtemps. Demi tour en leur direction. Nous sommes place de la République, en ce tout début d’après-midi. Je demande aux deux hommes si je peux m’asseoir à coté d’eux. Je viens de rencontrer Sergio et Michael.

Rosa la Rose – par Arpenteur

Chaque mois, retrouvez une nouvelle d’Arpenteur sur Humanizer. La précédente : Téléréalité. Bonne lecture, et bon dimanche. Elle avait rêvé d’une photo. Ce n’était pas tant le contenu du rêve qui l’intriguait. Elle savait bien que l’inconscient prend des moyens détournés pour faire émerger à notre connaissance des signaux souvent difficiles à comprendre. Ce qui étonnait le plus Rosa c’est qu’elle se souvenait parfaitement de ce rêve. Elle disait toujours « je ne me souviens jamais de mes rêves. A peine éveillée ils disparaissent, comme ça, pfuitt» et elle accompagnait ce « pfuitt » d’un mouvement aérien de la main. Seulement ce matin là, elle se souvenait de tout. De cette photo accrochée aux murs de nulle part. Un rivage sombre, un homme solidement campé devant, portant un pantalon de velours à l’ancienne, une espèce de gilet sur une chemise de toile grossière et un chapeau à large bord. Il avait un sac en bandoulière qui pouvait s’apparenter à une gibecière. Rosa fit une moue vaguement dégoûtée. Elle détestait de tout temps la chasse et …